Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

L’édition irénéenne de René Massuet, 1710

À Paris en 1710 paraît chez Jean-Baptiste Coignard l’édition mauriste d’Irénée, due à dom René Massuet, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

La page de titre – avec le titre exact et complet du traité Contre les hérésies – explicite d’emblée la dette vis-à-vis de deux prédécesseurs, François Feuardent (Paris 1975; Cologne 1596) et John Ernst Grabe (Oxford 1702), et en même temps ce qu’il y a de nouveau : tout d’abord la prise en compte de manuscrits romains, français et anglais – citons entre autres, à Rome l’Ottob. lat. 752 (codex O) et l’Ottob. lat. 1154, à Paris le Coislin 276 et plusieurs chaînes – fournissant en particulier quelques fragments grecs jusqu’alors inédits ; ensuite, un appareil éditorial sans précédent par son ampleur et la nature de certains de ses éléments.

Le sommaire précise tous ces apports : après la préface et avant le texte, des « dissertations » en dix « articles » et 150 pages, un choix de témoignages sur Irénée et ses écrits, puis après le texte les fragments de textes dont l’original est perdu, un appendice sur les écrits gnostiques tels qu’en témoigne Irénée, un relevé des variantes textuelles mineures, un glossaire grec et un glossaire latin (un peu plus touffus que ceux de Grabe) qui préfigurent en partie les Lexiques de B. Reynders, et enfin les préfaces, prolégomènes, notes et observations des éditeurs précédents.

L’édition elle-même est bilingue à chaque fois que le grec est conservé, avec la traduction latine ancienne et aussi celle de Jacques de Billy (Paris 1575, pour les 18 premiers chapitres). Ainsi dans cette première page ornée d’une gravure de Pierre François Giffart mettant en scène Irénée en orateur inspiré, dans un Lugdunum fantasmé :

Juste en vis-à-vis de cette première page qu’est publiée le schéma valentinien ou Prospectus systematis Valentinianorum dont la gravure semble évoquer les « melons délirants de Valentin ».

Ces photos ont été prises sur un magnifique exemplaire qui a généreusement été donné aux Sources Chrétiennes en 2025 par l’Abbaye Notre-Dame d’Orval – comme d’autres éditions anciennes que nous présentons en exposition ; que les Frères soient ici vivement remerciés ! Pourvu de l’ex libris d’Orval, le bel in folio (42,7x27cm pour la reliure) porte les armes d’un personnage qui reste à identifier.